Contact no 17 - Juin 2003 - Page 5

Un drôle de pèlerin

...sur la route de Saint Jacques de Compostelle

5 heures 30, samedi matin 10 mai, le radio-réveil égrène ses catastrophes journalières et me tire d’un profond sommeil. La veille, la météo a prévu une belle journée et une légère dégradation pour le dimanche. Les conditions VFR m’ont donc décidé à aller jusqu’à St Jacques de Compostelle, récupérer mon fils.

Depuis une semaine, je prépare mon voyage : achat de la carte Nord de l’Espagne au 1:500000e, réservation de l’avion, préparation de la navigation, cassette d’anglais et révision de la phraséologie…

José m’a gentiment prêté son GPS et sa radio portative, au cas ou...

La veille au soir, passage à l’aéroclub, pour vérifier que l’avion est prêt.

6 heures 30, arrivée sur le terrain, passage à la météo, ouverture des portes et préparation de XV.

J’aurai peut-être 2 passagers à ramener, un sur en tous cas. J’ai donc proposé une place à quelques pilotes pour m’accompagner, mais les différentes obligations des uns ou des autres, ne leur permettaient pas de se libérer, malgré l’envie de participer à une telle navigation.

Je m’étais donc fait à l’idée de partir seul. Luc me téléphone dans la soirée pour me dire qu’il était libre et pouvait venir. Nous ferons donc le voyage ensemble.

Décollage à 7 heures 20, et traversée de la France par la côte, sans encombres, pour arriver à Bayonne à 10 heures, le contrôle nous demandant de faire deux 360° pour laisser passer 2 commerciaux.

Dépôt du plan de vol pour St Jacques, météo et plein complet.

Nouveau départ de Bayonne, puis, histoire de se mettre en jambe pour la phraséo, communication en anglais. Et là, je réalise le trou qu’il y a entre les cassettes et la réalité !.

Chacun de nous deux captant à peu prés la moitié du message qui nous était donné, on arrive à reconstituer.

Après l’affichage des fréquences radio et transpondeur, quittons Bayonne pour San Sébastian, qui est tout proche. Attention, ZRT à 1500 ft !!

San Sebastian nous donnera un autre code transpondeur, qui nous emmènera jusqu’à destination. Ensuite, ce sera Bilbao, Santander et Asturias, tout cela sous un magnifique soleil, par la côte jusqu’avant Asturias, au niveau 65.

Le contrôle nous demande si nous maintenons 65, ce que je lui confirme. Peu de temps après, la montagne est en face de nous, et sommes obligés de passer au 85. Insuffisant, et nous avons fini au 105. J’ai compris pourquoi le contrôle nous demandait si nous maintenions le 65 !!!

La région Nord de l’Espagne est montagneuse et il y avait encore beaucoup de neige à cette époque là.

L’arrivée à Santiago se fait sans difficulté et nous nous retrouvons face à une piste de 3.2 km, numéro 2 derrière un Airbus.

Un petit coup de fil au fiston, et rendez-vous est pris devant la cathédrale. Retrouvailles et fiesta.

Le lendemain, en fin de matinée, retour sur le tarmac de Santiago pour la préparation du retour : plan de vol, météo, notam, plein… la routine.

Clear to line-up and clear to take-off., mais le temps s’est assombri. Nous décidons de passer au-dessus de la couche par les trous au niveau 115 et de gagner la côte le plus tôt possible, afin d’éviter la montagne. La couche a recouvert la terre, mais la mer reste visible. En cas de pépin, on passera dessous par la mer, car tout le reste est soudé.

Après 25 minutes de descente, pour arriver à 1500 ft, nous nous retrouvons à San Sebastian, avec une visibilité très moyenne. Le contrôleur nous demande de nous écarter de la côte car nous allons croiser un commercial en finale. Traffic insight.

Quittons rapidement San Sebastian, pour Bayonne, car nous sommes déjà en vue. (Façon de parler).

Posé à Bayonne, plein, formalités et retour sur Alençon, après 2 heures 30 de vol.