Contact no 16 - Déc. 2002 - Page 8

Voyage d'août à Courchevel

Et nous voilà partis à huit entre XV et KN, pour Courchevel, ce vendredi 16 août à 14 heures... enfin ! avec un petit retard, lié à un problème de démarrage sur XV consécutif à des tête-en-l’air qui ont laissé le contact la veille en remisant l’avion.

Tony est aux commandes, Charles est co-pilote. Je suis derrière avec Roland. Cap 125. Quelque part entre la Forêt de Perseigne et Mamers, Charles annonce : « L’alternateur vient de sauter ! ». Commencent alors les vérifications d’usage : c’est le disjoncteur qui ne tient pas. « Avec la batterie vide, la charge est trop forte, annonce Roland ». Une petite ventilation d’air froid improvisée sur le disjoncteur ramène les choses dans l’ordre.

Toutes ces émotions nous ont fait un peu dériver à gauche de notre route, ce qui nous permet de passer voir la base de Châteaudun. On franchit la Loire comme prévu à Beaugency. Puis le patchwork forestier de la Sologne, émaillé d’étangs et de clairières. Plus bas, en approchant à nouveau de la Loire, des collines basses aux flancs bizarrement couverts de circonvolutions de végétation attirent notre regard. Charles identifie bientôt les vignobles de Sancerre. C’est là qu’on reconnaît le pilote qui aime faire le plein. Nevers, dans une grande boucle du grand fleuve, puis la zone de St Yan qui semble un peu monotone. Mais bientôt une barre sombre à l’horizon : les collines du Mâconnais. On descend lentement de notre niveau 75.

Tiens, Cluny à gauche, et par une jolie vallée agrémentée d’un splendide château fort (La Roche Vineuse ?) on pénètre dans le haut du couloir rhodanien où Mâcon nous accueille pour avitailler. Marie-Françoise, Annick, José et Christian nous y rejoignent sur KN.

Il ne faut pas traîner ; de gros cumulus commencent déjà à bien se former là-bas à l’est. Tout ça peut très bien dégénérer en fin de journée, et il est déjà pas loin de 5 heures. Et nous revoilà repartis, cette fois-ci avec Charles aux commandes et Roland en place droite. On monte vers les 7000 ft sous contrôle de Lyon. Bourg-en-Bresse passe au bout de l’aile gauche que déjà Ambérieu se pointe au bout de la droite, avec les premiers reliefs. Assez rapidement, nous montons vers 8000. A droite apparaît l’énorme tache sombre du lac du Bourget, flanqué de reliefs francs, abrupts et imposants. Les nuages nous ont chassés un peu vers le sud.

On traverse le lac en son milieu ; la piste de Chambéry nous présente son axe au bout du lac. Quelques nuages à contourner. Je me sens complètement perdu avec cette verticalité qui surgit d’un peu partout, menaçante à tout moment. A gauche, une montagne nous darde ses crêtes, acérées comme des lames de scie. Elle s’ouvre sur une vallée d’altitude en forme de tuile romaine.

La Tarentaise étale sa paresse au fond d’un gouffre, au dessous de nos ailes. On la traverse en biais vers le nord-est, et on laisse Albertville à gauche en bifurquant vers le sud-est pour continuer à remonter l’Isère vers Moutiers. Les nuages se sont dispersés maintenant, et bientôt devant nous, au fond à droite, Roland reconnaît la vallée de Courchevel sous une ligne de sommets encore blanchis de névés.

Méribel, apparaît à droite, derrière la crête qui la sépare de l’espace de Courchevel. Puis le premier point de repère pour caler notre approche : le télésiège de la Loze. En le passant à même hauteur, on recale d’un poil l’altimètre sur 7200 ft.